En bref
  • L’or a atteint son record absolu à 5 589 $ l’once le 28 janvier 2026, porté par la dédollarisation, l’inflation persistante et les achats souverains record.
  • La correction de −15,5 % depuis le pic s’explique par un choc exogène (nomination d’un président de Fed jugé plus orthodoxe) et non par un retournement de fondamentaux.
  • Les banques centrales ont acheté 244 tonnes nettes au T1 2026 — 17 mois consécutifs d’acquisitions — signalant un soutien structurel durable.
  • Sur 12 mois glissants, l’or affiche +42 % contre +3,9 % pour le S&P 500 YTD : la thèse hausse reste intacte pour un portefeuille patrimonial diversifié.
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Un sommet historique, puis une correction — chronologie des 5 derniers mois

Le 28 janvier 2026, l’once d’or inscrit un record absolu à 5 589,38 $, clôturant un cycle haussier entamé mi-2024 et amplifié par la confluence de plusieurs chocs macroéconomiques : escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, accélération des achats souverains émergents, et fragilisation progressive du statut du dollar américain comme réserve dominante.

Début février, l’annonce de la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale provoque un retournement brutal. Perçu comme un faucon monétaire modéré, sa probable prise de fonctions rassure les marchés sur l’indépendance et la rigueur de la Fed. Le dollar se raffermit, les anticipations de baisse de taux reculent, et l’or encaisse l’une de ses corrections journalières les plus sévères depuis les années 1980 — perdant plus de 8 % en quelques séances.

En mai 2026, le métal jaune se négocie autour de 4 720 $ : en retrait de 15,5 % par rapport à son pic, mais encore en hausse de +42 % sur douze mois glissants, et de +9 % depuis le 1er janvier — soit plus du double de la performance du S&P 500 sur la même période (+3,9 %).

Performance comparée — YTD 2026 (base 100 = 1er janvier 2026)
Sources : AlphaVantage, TradingEconomics, Bloomberg — données au 10 mai 2026
Or XAU/USD
+9 % YTD
S&P 500
+3,9 % YTD
Oblig. Euro IG
+1,8 % YTD
Or (12 mois)
+42 % (12m)
Or XAU/USD
S&P 500
Obligations Euro IG
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Les moteurs structurels : pourquoi l’or a-t-il doublé en deux ans ?

La dédollarisation s’accélère

Depuis 2022, les sanctions géopolitiques imposées à la Russie ont déclenché une prise de conscience parmi les banques centrales des pays émergents : détenir des réserves en dollars expose à un risque de gel souverain. La réponse a été systémique. Les banques centrales mondiales ont redirigé une part croissante de leurs réserves vers l’or, actif neutre, non fongible par décret et indépendant de toute puissance politique.

Au T1 2026, les achats nets s’élèvent à 244 tonnes, en hausse de 3 % par rapport au T1 2025 et au-dessus de la moyenne quinquennale. Il s’agit du 17e mois consécutif d’acquisitions nettes. La Pologne — premier acheteur mondial — a porté ses réserves à 582 tonnes (+31 tonnes au seul premier trimestre).

L’inflation structurelle : un environnement durablement favorable

En mars 2026, l’inflation CPI américaine ressort à +3,3 % sur douze mois, tirée par l’énergie dans un contexte géopolitique tendu. Cette persistance inflationniste fragilise les actifs obligataires à duration longue et soutient mécaniquement l’or, qui préserve le pouvoir d’achat réel sur le long terme. Sur 5 ans, le métal jaune progresse de +161 %, contre +70 % pour le S&P 500 en valeur de prix.

La demande retail explose

Un signal souvent négligé : les achats de lingots et pièces d’investissement par les particuliers ont bondî de +42 % sur un an au T1 2026, atteignant 474 tonnes — deuxième meilleur trimestre de l’histoire. La Chine seule représente 207 tonnes (+67 % vs 2025).

« La demande souveraine pour l’or ne ralentit pas. C’est un signal structurel, pas un phénomène de court terme. »
World Gold Council — Rapport T1 2026
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Correction technique ou retournement fondamental ?

La chute de −15,5 % depuis le pic du 28 janvier mérite d’être contextualisée. Elle n’est pas un retournement de tendance, mais le produit d’un choc exogène précis : la perception d’une Fed plus rigoureuse sous Kevin Warsh, qui a fait remonter le dollar et les taux réels en quelques séances.

Ce type de correction — rapide, lisible, attribuable — est caractéristique d’un ajustement de positionnement plutôt que d’un changement de régime. La preuve par les objectifs des grandes banques : Deutsche Bank maintient 6 000 $, Goldman Sachs vise 5 400 $, JPMorgan évoque jusqu’à 6 300 $ d’ici fin 2026 dans son scénario central. Aucune grande institution n’a revu ses objectifs à la baisse à la suite de cette correction.

Établissement Objectif 2026 Scénario Upside vs spot
Deutsche Bank 6 000 $ Central +27 %
Goldman Sachs 5 400 $ Central +14 %
JPMorgan 6 300 $ Haussier +33 %
UBS 6 200–7 200 $ Offensif +31–53 %
Morgan Stanley 4 800 $ Prudent +2 %

Objectifs au 10 mai 2026. Spot de référence : 4 720 $. Les prévisions ne constituent pas une garantie de performance.

04

L’or dans un portefeuille patrimonial : quelle allocation en 2026 ?

La question que se posent la plupart de nos clients n’est pas « faut-il acheter de l’or » mais « quelle proportion, sous quelle forme et dans quel véhicule ». Les véhicules d’investissement présentent des profils de risque et de liquidité distincts.

L’or physique (lingots, pièces) reste la forme la plus directe, mais exige un stockage sécurisé et génère des coûts de custody. Les ETF adossés à l’or physique (iShares Physical Gold ETC, Invesco Physical Gold) offrent une exposition liquide, éligible à l’assurance-vie luxembourgeoise. Les actions de sociétés minières (Gold Miners ETF) offrent un effet de levier sur le prix spot, mais introduisent un risque opérationnel supplémentaire non lié au métal.

Performances comparées — 12 mois glissants (mai 2025 → mai 2026)
Sources : TradingEconomics, Bloomberg, ASPIM — données indicatives au 10 mai 2026
Or (XAU/USD)
+42 %
Argent (XAG)
+29 %
Nasdaq 100
+23 %
CAC 40 GR
+12 %
Oblig. IG Euro
+5,8 %
SCPI France
+4,1 %

Profil prudent

Or comme hedge — 3–5 % du portefeuille. ETF or physique en poche diversification. Protection contre l’inflation et la volatilité systémique.

Profil équilibré

Or + Métaux précieux — 7–10 %. Or physique (60 %) + argent (20 %) + miners ETF (20 %). Exposition à la hausse du cycle des matières premières.

Profil dynamique

Conviction forte — 12–15 %. Poche or + tactique sur les minières. Convient aux investisseurs avec une vue macro affirmée sur la dédollarisation.

05

Les risques à ne pas ignorer

Remontée du dollar : L’or est libellé en USD. Tout raffermissement du billet vert pèse mécaniquement sur le cours en euros. Les investisseurs patrimoniaux en zone euro doivent intégrer le risque de change dans leur calcul de performance réelle.

Détente géopolitique : Une désescalade rapide au Moyen-Orient ou une reprise des négociations US-Chine pourrait faire refluer la prime de risque intégrée dans le cours.

Taux réels élevés persistants : Un scénario « higher for longer » prononcé de la Fed renchérirait le coût d’opportunité de détenir de l’or (actif sans rendement courant).

Volatilité structurelle : Les mouvements de ±8 % en quelques séances observés en 2026 illustrent que l’or est un actif volatil malgré sa réputation de « valeur refuge ».

Ce qu’il faut retenir
  • L’or a inscrit un record absolu à 5 589 $ le 28 janvier 2026, porté par la dédollarisation, les achats souverains records et l’inflation persistante.
  • La correction actuelle à 4 720 $ est d’origine exogène et ne remet pas en cause les fondamentaux.
  • Les banques centrales demeurent acheteuses nettes depuis 17 mois consécutifs, avec 244 tonnes nettes au seul T1 2026 — signal de soutien structurel inégalé dans l’histoire moderne.
  • Sur 12 mois glissants, l’or (+42 %) surperforme nettement le S&P 500 YTD (+3,9 %) et les obligations européennes IG (+5,8 %). Il demeure la première classe d’actifs de la période.
  • L’exposition recommandée varie de 3–5 % (profil prudent) à 12–15 % (profil dynamique à conviction macro). Le véhicule privilégié pour une assurance-vie luxembourgeoise demeure l’ETF or physique UCITS, sans risque de contrepartie.

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