En bref
  • Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits au titre du LMNP réel viennent réduire le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value lors de la cession
  • La réponse ministérielle Mette (mars 2026) confirme que les amortissements pratiqués avant 2025 sont également réintégrés pour toute cession postérieure au 15 février 2025
  • Seules les résidences gérées (résidences étudiantes, séniors, EHPAD, personnes handicapées) bénéficient d’une exemption explicite
  • Les abattements pour durée de détention demeurent applicables — l’exonération d’IR à 22 ans reste le meilleur bouclier fiscal à long terme
  • Une révision immédiate de vos simulations de cession est nécessaire si vous détenez des biens en LMNP réel
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Le LMNP au réel avant la réforme : un régime fiscalement très avantageux

Pendant près de trois décennies, le statut de loueur en meublé non professionnel au régime réel a constitué l’un des rares outils permettant à un investisseur privé d’amortir fiscalement un bien immobilier. En déduisant chaque année de ses loyers meublés une quote-part du prix d’acquisition de l’immeuble et du mobilier, le LMNP au réel permettait de percevoir des revenus locatifs quasi exempts d’impôt pendant dix à vingt ans.

L’avantage complémentaire résidait dans le traitement de la plus-value à la cession : jusqu’au 14 février 2025, la plus-value était calculée selon les règles applicables aux particuliers — c’est-à-dire sans tenir compte des amortissements précédemment déduits. Un investisseur pouvait ainsi avoir réduit son imposition locative pendant quinze ans grâce aux amortissements, puis céder son bien en ne payant qu’une plus-value calculée sur la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition initial, sans réintégration d’aucun amortissement. Ce double avantage, qualifié par certains de « niche fiscale », a finalement été supprimé par la loi de finances 2025.

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La réforme LFI 2025 : la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value

L’article 84 de la loi de finances pour 2025, promulguée le 14 février 2025, modifie les règles de calcul de la plus-value immobilière réalisée dans le cadre d’une activité LMNP. Désormais, pour les cessions intervenant après le 15 février 2025, le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value est diminué du total des amortissements déduits depuis le début de la location meublée.

En pratique, le mécanisme est le suivant : si vous avez acquis un appartement pour 200 000 euros et pratiqué 60 000 euros d’amortissements sur quinze années, votre prix d’acquisition fiscal est réduit à 140 000 euros. Si vous cédez ce bien pour 280 000 euros, votre plus-value imposable n’est plus de 80 000 euros (280 000 minus 200 000) mais de 140 000 euros (280 000 minus 140 000). L’impact sur la charge fiscale effective peut ainsi être considérable, en particulier pour les détenteurs de longue date qui ont accumulé des amortissements importants.

« La réforme LMNP ne supprime pas l’avantage à l’entrée — les amortissements restent déductibles des loyers — mais elle met fin au double bénéfice : on ne peut plus amortir fiscalement un actif tout en ignorant ces amortissements au moment de la cession. »
Analyse Riviera Wealth Management, mai 2026
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La réponse ministérielle Mette de mars 2026 : les amortissements antérieurs à 2025 aussi concernés

Une incertitude majeure persistait depuis la promulgation de la loi : la réintégration concernait-elle uniquement les amortissements pratiqués à partir du 15 février 2025, ou également ceux déduits au cours des années précédentes ? La réponse ministérielle Mette, publiée au Journal officiel de l’Assemblée nationale le 24 mars 2026 (n° 10097), a levé le doute dans un sens défavorable aux contribuables.

Selon l’administration fiscale, tous les amortissements pratiqués depuis le début de la location meublée sont réintégrés, quelle que soit leur date de déduction, dès lors que la cession intervient après le 15 février 2025. L’administration ne qualifie pas cette mesure de rétroactive au sens strict, considérant qu’elle modifie les règles d’assiette applicables à compter d’un évènement futur (la cession), et non les droits acquis au titre des années antérieures. Un recours contentieux reste théoriquement possible, mais peu de praticiens parient sur son succès au regard des précédents jurisprudentiels.

Cette confirmation accentue considérablement l’impact de la réforme pour les investisseurs détenant des biens en LMNP depuis dix ans ou plus, qui avaient capitalisé des amortissements importants dans l’espoir de ne pas les réintégrer à la cession.

Impact de la réintégration des amortissements — trois profils LMNP types
Plus-value imposable (euros) avant et après la réforme, pour un bien vendu avec la même plus-value « économique » de 80 000 €
5 ans
80 000 €
Avant réforme
122 000 €
Après réforme
10 ans
80 000 €
Avant réforme
155 000 €
Après réforme
15 ans
80 000 €
Avant réforme
185 000 €
Après réforme
Plus-value imposable avant réforme
Plus-value imposable après réforme (avec réintégration)

Hypothèses : bien acquis 200 000 €, amortissement annuel moyen 7 000 €, plus-value « économique » (prix de vente minus prix d’acquisition) constante à 80 000 €. Abattements pour durée de détention non appliqués pour mettre en évidence l’effet pur de la réintégration.

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Exceptions et cas particuliers à connaître

La réforme ne s’applique pas de manière uniforme à l’ensemble du parc LMNP. Plusieurs exceptions méritent une attention particulière.

Type de bien Réintégration amortissements Commentaire
Appartement classique meublé (longue durée) OUI — totale Tous amortissements déduits depuis l’entrée en LMNP réel
Résidence étudiante gérée NON exempté Exemption explicite art. 84 LFI 2025 — statut confirmé
Résidence séniors / EHPAD NON exempté Exemption explicite — régle identique aux résidences étudiantes
Résidence pour personnes handicapées NON exempté Idem — exemption expl. confirmée
Location saisonnière / Airbnb (micro-BIC) Sans objet Le micro-BIC ne permet pas d’amortissements — pas de réintégration possible
LMNP réel — cession avant le 15/02/2025 Anciennes règles La réforme ne s’applique pas aux cessions antérieures à la promulgation
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Trois stratégies d’adaptation patrimoniale

La réforme ne sonne pas le glas du LMNP, mais elle impose de recalibrer les stratégies de sortie et de détention. Selon votre situation, plusieurs approches peuvent atténuer significativement l’impact de la réintégration.

Prolonger la détention

Les abattements pour durée de détention restent inchangés et s’appliquent sur la nouvelle assiette. L’exonération totale d’IR intervient après 22 ans, et l’exonération des prélèvements sociaux après 30 ans. Pour un bien détenu depuis 12 ans, patienter encore 10 ans peut effacer la totalité de l’impôt.

Abattement IR : 6 %/an de 6 à 21 ans puis 4 % à 22 ans

Basculer vers le micro-BIC

Pour les biens dont les loyers annuels sont inférieurs aux seuils micro-BIC (15 000 € pour la location meublée longue durée), passer du régime réel au micro-BIC arrête l’accumulation des amortissements. La réintégration sera limitée aux amortissements déjà pratiqués. Ce basculement doit être anticipé et validé avec un expert-comptable.

Seuil micro-BIC longue durée 2026 : 15 000 €/an

Investir en résidences gérées

Les résidences étudiantes, séniors et EHPAD bénéficient de l’exemption explicite : les amortissements restent déductibles des loyers sans réintégration à la cession. Pour les nouveaux investissements LMNP, ce segment présente désormais une fiscalité structurellement plus avantageuse que les appartements classiques.

Double avantage préservé : amortissements + plus-value allouée

Au-delà de ces trois axes, certaines situations peuvent justifier un arbitrage patrimonial plus profond. La transformation d’un bien LMNP en location nue — avec passage aux revenus fonciers et exit du régime BIC — peut cristalliser une plus-value à un moment choisi, notamment si les abattements pour durée de détention sont déjà substantiels. De même, l’apport à une SCI soumise à l’IS peut constituer une alternative, sous réserve d’en évaluer préalablement les conséquences fiscales propres. Ces opérations complexes nécessitent impérativement l’accompagnement conjoint d’un conseiller en gestion de patrimoine et d’un expert-comptable.

Rappelons également que les abattements sur la plus-value ne réduisent pas la base de la taxe sur les hautes plus-values immobilières (surtaxe progressive de 2 % à 6 % applicable au-delà de 50 000 euros de plus-value nette). Après réintégration des amortissements, un nombre croissant de cessions LMNP franchira ce seuil, rendant la planification fiscale d’autant plus essentielle.

Ce qu’il faut retenir
  • Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits en LMNP réel (y compris ceux antérieurs à 2025) viennent augmenter la plus-value imposable lors de la cession
  • L’impact peut multiplier par 1,5 à 3 fois la plus-value fiscale par rapport à l’ancien régime, en fonction de la durée de détention et du niveau des amortissements cumulés
  • Les résidences gérées (étudiantes, séniors, EHPAD, handicapés) restent exemptées et présentent désormais une fiscalité de sortie structurellement plus favorable
  • La stratégie de détention longue durée demeure efficace : les abattements pour durée de détention s’appliquent sur la nouvelle assiette et effacent totalement l’IR après 22 ans
  • Une révision urgente de vos simulations de cession s’impose si vous détenez des biens en LMNP réel depuis plus de 5 ans : l’impact sur votre stratégie de sortie peut être significatif

Ce document est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée ou une offre d’achat ou de vente de produits financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Les informations contenues dans cet article reflètent l’analyse de Riviera Wealth Management à la date de publication et sont susceptibles d’évoluer. Riviera Wealth Management est un cabinet de conseil en investissements financiers (CIF), enregistré à l’ORIAS et membre de la CNCGP.