En bref — Points clés
- Le capital-investissement français affiche un TRI net de 12,4 % sur dix ans (France Invest / EY), surpassant structurellement les actions cotées sur longue période.
- La réglementation ELTIF 2.0 (janvier 2024) et la loi Industrie Verte (octobre 2023) permettent désormais d’intégrer le non-coté dans l’assurance-vie et le PER.
- Pour un patrimoine HNWI supérieur à 1 million d’euros, une allocation de 10 à 20 % du patrimoine financier disponible est généralement préconisée, à horizon 8 à 12 ans.
- La diversification par millésimes, la sélection rigoureuse du gérant et le choix du véhicule fiscal constituent les trois déterminants clés de la performance nette.
Une performance structurellement supérieure aux marchés cotés
Depuis plus de trois décennies, le capital-investissement français délivre des résultats qui justifient pleinement sa place dans les grandes allocations patrimoniales. Selon l’étude annuelle France Invest / EY publiée en juillet 2025, le TRI net atteint 11,3 % par an depuis l’origine (1987) sur un panel de 1 262 fonds analysés. Sur la décennie écoulée, cet indicateur s’établit à 12,4 % à fin 2024, surpassant sensiblement les grands indices actions sur la même période.
Plus significatif encore : les fonds liquidés créés depuis 2008 ont généré en moyenne un TRI net de 14,1 %, avec un multiple de 1,78x le capital investi. Ces chiffres, calculés nets de frais de gestion et de carried interest, illustrent la prime d’illiquidité que peut capturer un investisseur discipliné sur un horizon suffisamment long. En 2024, le marché français a investi 26 milliards d’euros (hors infrastructure), en progression de 16 % par rapport à 2023, finançant 2 692 projets. La taille globale du marché français s’élève à environ 135 milliards d’euros en 2025, confirmant une montée en puissance structurelle.
ELTIF 2.0 et loi Industrie Verte : un cadre réglementaire enfin adapté aux HNWI
Jusqu’à récemment, l’accès au non-coté restait largement réservé aux institutionnels et aux family offices les mieux dotés. Deux évolutions réglementaires majeures ont profondément modifié cette équation.
Le règlement ELTIF 2.0 (European Long-Term Investment Fund), entré en vigueur le 10 janvier 2024, a supprimé le seuil d’entrée minimal de 10 000 €. Les fonds labellisés ELTIF 2.0 sont désormais accessibles via l’assurance-vie et le PER, élargissant considérablement l’univers des souscripteurs. En Europe, 246 fonds ELTIF sont enregistrés, avec un encours cible de 75 milliards d’euros attendu d’ici fin 2026.
La loi Industrie Verte, promulguée en octobre 2023, est venue compléter ce dispositif en permettant d’intégrer les FCPR, FPCI et ELTIF dans les unités de compte d’assurance-vie et de PER, qu’ils soient de droit français ou européen. Cette ouverture constitue un levier fiscal considérable pour les investisseurs qui disposent d’un contrat d’assurance-vie bien alimenté, notamment les contrats de droit luxembourgeois qui offrent une couche de protection supplémentaire via le triangle de sécurité du Grand-Duché.
Quelle allocation pour un patrimoine HNWI en 2026 ?
Pour un patrimoine supérieur à 1 million d’euros, les professionnels recommandent généralement une exposition comprise entre 10 % et 20 % du patrimoine financier disponible en actifs non cotés. Cette fourchette suppose une capacité d’immobilisation du capital sur 8 à 12 ans et une discipline dans les appels de fonds successifs propres aux véhicules en drawdown.
La diversification par millésimes (vintages) est le premier principe à respecter : concentrer ses engagements sur un seul millésime expose au risque macroéconomique de la période d’investissement. Une entrée progressive sur trois à cinq générations de fonds consécutives lisse les points d’entrée et améliore statistiquement le multiple final.
La sélection du gérant est le second déterminant de la performance. La dispersion entre les gérants de premier et de dernier quartile est nettement plus marquée en private equity qu’en gestion cotée : un fonds de premier quartile peut délivrer un TRI net supérieur de 8 à 10 points à un fonds médian sur la même stratégie et le même millésime. L’accès aux gérants de référence constitue donc un avantage concurrentiel majeur pour les intermédiaires spécialisés en gestion de patrimoine.
Points de vigilance : illiquidité, valorisation et fiscalité
Trois risques doivent être explicitement intégrés dans la réflexion avant tout engagement.
L’illiquidité est inhérente à la classe d’actifs. En dehors des fonds evergreen qui proposent des fenêtres de rachat périodiques, le capital est immobilisé pendant toute la durée de vie du fonds. Il convient de ne jamais engager des sommes nécessaires à la liquidité courante ou aux projets à court terme du ménage.
La valorisation en période de stress de marché constitue un angle mort fréquent : les NAV des fonds non cotés ne reflètent pas les fluctuations du marché en temps réel, ce qui peut créer un faux sentiment de stabilité en phase de correction boursière. Pour comprendre l’impact de ces fluctuations sur votre portefeuille global, consultez notre analyse sur l’allocation d’actifs en 2026.
Enfin, la fiscalité à la sortie doit être anticipée dès la souscription. Les plus-values réalisées lors de la cession des parts sont en principe soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, sauf optimisation par l’enveloppe fiscale choisie. Une souscription via l’assurance-vie après huit ans de détention permet notamment de bénéficier des abattements annuels et du taux réduit à 7,5 % en vigueur pour les versements n’excédant pas 150 000 €. À noter que la hausse de la CSG à 10,6 % en 2026 impacte également les revenus du capital-investissement.
Conclusion
En 2026, le private equity s’impose progressivement comme une composante à part entière des grandes allocations patrimoniales, porté par une réglementation plus favorable, des performances historiques solides et une offre produits considérablement élargie. Dans un contexte de volatilité accrue sur les marchés cotés, le capital-investissement offre une alternative crédible — à condition d’y consacrer l’analyse, l’horizon temporel et l’accompagnement expert qu’il requiert.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la directive MiFID II (2014/65/UE). Tout investissement en private equity comporte des risques de perte en capital, une illiquidité inhérente et suppose un horizon d’investissement long. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Riviera Wealth Management vous invite à consulter un conseiller en gestion de patrimoine agréé avant toute décision d’investissement.
