
Réforme du PER 2026 : ce qui change pour votre épargne retraite
En bref — Points clés
- Les versements sur un PER effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable depuis le 1er janvier 2026.
- Le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans, offrant une fenêtre d’optimisation élargie.
- Les prélèvements sociaux augmentent de 17,2 % à 18,6 %, portant le PFU à 31,4 % sur les gains.
- Les plafonds de déduction 2026 s’établissent entre 4 710 et 37 680 euros pour les salariés, jusqu’à 88 911 euros pour les indépendants.
Le Plan d’Épargne Retraite traverse en 2026 sa mutation la plus significative depuis sa création en 2019. La loi de finances pour 2026, adoptée par le biais du 49.3, introduit trois changements majeurs qui redessinent les stratégies d’épargne retraite, en particulier pour les contribuables à hauts revenus. En pleine campagne de déclaration fiscale — ouverte depuis le 9 avril — il est essentiel de comprendre ces évolutions et d’adapter sa stratégie patrimoniale en conséquence.
Fin de la déductibilité après 70 ans : un changement de paradigme
C’est sans doute la mesure la plus commentée de cette réforme. Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER par un épargnant de plus de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Jusqu’alors, aucune limite d’âge n’encadrait cette déduction, ce qui avait donné lieu à des stratégies d’optimisation successorale particulièrement efficaces pour les patrimoines les plus importants.
Le législateur a souhaité mettre fin à ce qu’il considérait comme un détournement de l’esprit du PER. L’objectif affiché est clair : recentrer le dispositif sur la préparation de la retraite et non sur l’optimisation de la transmission.
En pratique, que se passe-t-il pour les versements effectués après 70 ans ?
Ces versements sont désormais assimilés à des versements non déduits. La conséquence en sortie est toutefois nuancée :
- Sortie en capital : seuls les gains sont taxés. Le capital versé est récupéré en franchise d’impôt sur le revenu.
- Sortie en rente viagère : l’imposition porte sur seulement 30 % du montant de la rente, contre 100 % pour les versements déduits classiques.
Pour les contribuables approchant de cet âge, la fenêtre d’optimisation se referme progressivement. Il est désormais stratégique de maximiser les versements déductibles avant 70 ans, en mobilisant l’intégralité des plafonds disponibles.
Extension du report des plafonds : de 3 à 5 ans
C’est la contrepartie positive de cette réforme. Les plafonds annuels de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés sur une période de cinq ans au lieu de trois. Cette mesure, portée par le groupe LR du Sénat, vise à permettre aux épargnants qui n’ont pas pu verser suffisamment dans leurs premières années de PER de rattraper ce retard.
Attention aux règles transitoires :
- Les plafonds non utilisés de 2024 et 2025 restent soumis à l’ancien délai de 3 ans (utilisables respectivement jusqu’en 2027 et 2028)
- Seuls les plafonds non utilisés à compter de 2026 bénéficient du nouveau délai de 5 ans
Concrètement, un contribuable qui dispose de plafonds non utilisés sur plusieurs années peut désormais effectuer un versement exceptionnel en 2026 et déduire un montant considérable de son revenu imposable. Pour un couple marié dont les deux conjoints sont fortement imposés, le cumul des plafonds peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de déduction.
Hausse des prélèvements sociaux : un impact à anticiper
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé le taux de CSG, entraînant une augmentation des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Cette hausse de 1,4 point affecte directement le rendement net des placements, y compris le PER.
Les conséquences concrètes :
- Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) passe de 30 % à 31,4 % sur les gains réalisés au sein du PER lors d’un retrait en capital
- En cas de sortie en rente, les prélèvements sociaux s’appliquent sur la fraction imposable de la rente au nouveau taux de 18,6 %
- Cette hausse réduit mécaniquement le rendement net au moment du déblocage, même si elle ne modifie pas la fiscalité pendant la phase d’épargne
Il est à noter que la loi distingue désormais deux taux de CSG sur les revenus du patrimoine : un taux de droit commun de 10,6 % et un taux dérogatoire de 9,2 % applicable notamment aux revenus fonciers. Les gains du PER relèvent du taux de droit commun.
Plafonds de déduction 2026 : les chiffres clés
Les plafonds de déduction pour les versements effectués en 2026 s’établissent comme suit :
| Profil | Plancher | Plafond |
|---|---|---|
| Salarié | 4 710 euros | 37 680 euros |
| Travailleur non salarié (TNS) | 4 710 euros | 88 911 euros |
| Couple marié/pacsé (cumul deux conjoints salariés) | 9 420 euros | 75 360 euros |
Ces montants sont majorés des plafonds non utilisés au cours des années précédentes (3 ans pour 2024-2025, 5 ans à compter de 2026). Le plafond disponible figure sur votre avis d’imposition, dans la rubrique « plafond épargne retraite ».
Stratégies d’optimisation pour les patrimoines élevés
Face à ces évolutions, plusieurs leviers méritent d’être activés dès maintenant :
1. Maximiser les versements entre 60 et 69 ans
Pour les épargnants approchant de 70 ans, il est urgent de programmer des versements réguliers ou ponctuels mobilisant l’intégralité des plafonds disponibles, y compris les plafonds reportés. La fenêtre de déductibilité se ferme définitivement à 70 ans.
2. Exploiter l’extension du report à 5 ans
Les contribuables qui n’ont pas versé le maximum ces dernières années disposent d’un stock de plafonds potentiellement important. Un versement exceptionnel en 2026, couplé aux plafonds reportés du conjoint, peut générer une économie d’impôt substantielle, particulièrement pour les foyers dans les tranches à 41 % ou 45 %.
3. Arbitrer entre déduction à l’entrée et fiscalité à la sortie
Avec la hausse du PFU à 31,4 %, l’arbitrage entre versements déductibles et non déductibles mérite d’être recalculé au cas par cas. Pour un épargnant dont le taux marginal d’imposition (TMI) est de 30 %, l’avantage de la déduction à l’entrée est désormais plus étroit. En revanche, pour les TMI à 41 % ou 45 %, le PER déductible reste très avantageux.
4. Coordonner PER et assurance-vie
Le PER ne doit pas être envisagé isolément. Dans une stratégie patrimoniale globale, il se combine avec l’assurance-vie — notamment luxembourgeoise pour les patrimoines les plus importants — et les dispositifs de transmission (donations, démembrement). L’objectif est d’optimiser à la fois la phase de capitalisation, la fiscalité en sortie et la transmission.
5. Vérifier l’impact de la CDHR
La contribution différentielle sur les hauts revenus, reconduite en 2026, impose un taux minimum de 20 % aux foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 euros (célibataire) ou 500 000 euros (couple). Les versements PER déductibles réduisent le revenu imposable et peuvent donc permettre de passer sous ce seuil ou d’en réduire l’impact.
Calendrier : les échéances à retenir
- 9 avril 2026 : ouverture de la déclaration en ligne sur impots.gouv.fr
- 19 mai : date limite pour les déclarations papier
- 21 mai : date limite en ligne pour les départements 01 à 19 et non-résidents
- 28 mai : date limite en ligne pour les départements 20 à 54
- 31 décembre 2026 : dernier jour pour effectuer un versement PER déductible au titre des revenus 2026
Nous recommandons de ne pas attendre la fin d’année pour programmer vos versements. Un versement anticipé bénéficie de plusieurs mois de capitalisation supplémentaire et évite les aléas de fin d’exercice.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.