Déclaration de revenus 2026 : ce qui change pour les hauts patrimoines


Déclaration de revenus 2026 : ce qui change pour les hauts patrimoines
Fiscalité

Déclaration de revenus 2026 : ce qui change pour les hauts patrimoines

22 avril 20269 min de lecture

En bref — Points clés

  • La campagne de déclaration des revenus 2025 est ouverte depuis le 9 avril 2026, avec des dates limites échelonnées du 21 mai au 4 juin.
  • La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) est reconduite : imposition minimale de 20 % pour les revenus dépassant 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).
  • Deux taux de CSG distincts s’appliquent désormais aux revenus du patrimoine : 10,6 % (droit commun) et 9,2 % (revenus fonciers).
  • Le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, et le plafond de réduction d’impôt pour les dons passe à 2 000 €.

La campagne de déclaration des revenus 2025 a débuté le 9 avril 2026. Au-delà de l’exercice annuel que chaque contribuable connaît, cette édition introduit plusieurs évolutions majeures qui concernent tout particulièrement les patrimoines importants. Entre la reconduction de la CDHR, la refonte des taux de CSG et les ajustements du barème, l’enjeu est de taille : une déclaration bien préparée peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros d’écart pour un foyer à hauts revenus.

Calendrier 2026 : les dates à ne pas manquer

Le service de déclaration en ligne est accessible depuis le 9 avril sur impots.gouv.fr, désormais rebaptisé « Mon espace Finances publiques ». Voici les échéances :

  • 19 mai 2026 : date limite pour les déclarations papier.
  • 21 mai 2026 (23h59) : départements 01 à 19 et non-résidents.
  • 28 mai 2026 (23h59) : départements 20 à 54.
  • 4 juin 2026 (23h59) : départements 55 à 976, incluant les Alpes-Maritimes (06), le Var (83) et les Bouches-du-Rhône (13) — soit toute la clientèle Côte d’Azur.

Pour les résidents de la Côte d’Azur, la date limite est donc le 4 juin. Toutefois, nous recommandons de ne pas attendre cette échéance pour travailler sur l’optimisation de la déclaration.

La CDHR : l’imposition minimale des hauts revenus reconduite

Instaurée par la loi de finances pour 2025 comme une mesure temporaire, la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) a été reconduite pour les revenus 2025. Son principe est simple mais redoutable : elle garantit un taux d’imposition effectif minimum de 20 % sur les plus hauts revenus.

Les seuils de déclenchement sont les suivants :

  • 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire, veuf, séparé ou divorcé.
  • 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

Concrètement, si votre impôt sur le revenu, additionné de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et des prélèvements forfaitaires sur les revenus du capital, aboutit à un taux effectif inférieur à 20 %, vous devrez acquitter un complément. Cette mesure vise notamment les contribuables qui optimisent leur fiscalité via le PFU (flat tax à 30 %) sur d’importants revenus du capital, aboutissant paradoxalement à un taux global d’imposition modéré.

Qui est réellement concerné ?

Les profils les plus exposés sont :

  • Les dirigeants percevant d’importants dividendes soumis au PFU.
  • Les détenteurs de portefeuilles financiers conséquents avec des plus-values réalisées.
  • Les bénéficiaires de revenus de capitaux mobiliers importants (intérêts, coupons).
  • Les contribuables cumulant revenus d’activité modérés et revenus du patrimoine élevés.

Il est essentiel de simuler l’impact de la CDHR avant de finaliser la déclaration. Dans certains cas, l’option pour le barème progressif plutôt que le PFU peut s’avérer plus avantageuse — une analyse qui doit être menée au cas par cas.

Deux taux de CSG : une nouveauté structurante

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 introduit une distinction inédite dans les taux de CSG applicables aux revenus du patrimoine :

  • Taux de droit commun : 10,6 %, applicable par principe aux revenus du patrimoine et aux produits de placement (plus-values mobilières, dividendes, intérêts).
  • Taux dérogatoire : 9,2 %, applicable à certains revenus dont les revenus fonciers.

Cette différenciation a un impact direct pour les investisseurs immobiliers. Un contribuable percevant 100 000 € de revenus fonciers bénéficie d’une économie de 1 400 € par rapport au taux plein — ce qui est loin d’être négligeable.

Cette mesure, combinée à l’abattement de 30 % du micro-foncier (pour les revenus inférieurs à 15 000 €) ou aux déductions du régime réel, appelle une analyse fine de la stratégie d’imposition des revenus immobiliers.

Barème revalorisé et plafonds ajustés

Le barème de l’impôt sur le revenu a été revalorisé de 0,9 % pour neutraliser l’effet de l’inflation. Si cette revalorisation est modeste, elle entraîne mécaniquement un léger ajustement de l’ensemble des tranches :

Tranche de revenu imposable (par part)Taux
Jusqu’à 11 520 €0 %
De 11 520 à 29 373 €11 %
De 29 373 à 83 988 €30 %
De 83 988 à 180 648 €41 %
Au-delà de 180 648 €45 %

Par ailleurs, plusieurs plafonds évoluent :

  • Le plafond de réduction d’impôt pour les dons en faveur des organismes d’aide aux personnes en difficulté passe de 1 000 à 2 000 € (pour les dons effectués à partir du 14 octobre 2025).
  • Les seuils associés au quotient familial, à la décote et aux différents crédits d’impôt sont ajustés en conséquence.

Loueurs en meublé : attention aux nouvelles règles

Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) doivent être particulièrement vigilants cette année. Les seuils et abattements forfaitaires ont été modifiés pour les revenus 2025. Si vous détenez des biens en location meublée, notamment sur la Côte d’Azur où cette stratégie est répandue (meublés saisonniers, résidences gérées), une vérification s’impose avant de valider la déclaration.

Le passage du micro-BIC au régime réel peut, selon les situations, devenir plus avantageux compte tenu de ces ajustements. Nous recommandons de réaliser une simulation comparative des deux régimes.

Nouveautés pratiques : sécurité renforcée et application mobile

Plusieurs évolutions pratiques méritent d’être signalées :

  • Double authentification obligatoire depuis l’été 2025 : un code de sécurité est envoyé par courriel à chaque connexion. Assurez-vous que votre adresse e-mail est bien à jour.
  • Application mobile : la version 7.3, disponible depuis le 7 avril 2026, permet de déclarer directement depuis son smartphone.
  • Factures de services publics : il est désormais possible de consulter et payer certaines factures locales (eau, cantine, crèche, hôpital) directement depuis son espace.

Cinq stratégies à activer avant la déclaration

Pour les contribuables à hauts revenus, voici les axes d’optimisation à examiner cette année :

1. Simuler l’impact de la CDHR. Calculez votre taux effectif global d’imposition pour déterminer si le complément sera exigible, et évaluez les arbitrages possibles (option barème vs PFU).

2. Optimiser la répartition des revenus du patrimoine. Avec les deux taux de CSG distincts, l’allocation entre revenus fonciers et revenus de capitaux mobiliers a un impact fiscal direct.

3. Vérifier les crédits et réductions d’impôt. Emploi à domicile, dons, investissements outre-mer, Denormandie : vérifiez que tous les dispositifs applicables sont bien renseignés.

4. Arbitrer entre micro-BIC et régime réel pour les meublés. Les nouveaux seuils peuvent changer la donne. Une simulation comparative est indispensable.

5. Anticiper l’avis d’imposition. En cas de reste à payer supérieur à 300 €, celui-ci sera prélevé en quatre mensualités de septembre à décembre. Intégrez cette trésorerie dans votre planning financier.

Les échéances de paiement à retenir

  • 24 ou 31 juillet 2026 : remboursement éventuel du trop-perçu.
  • 25 septembre 2026 : prélèvement unique si le reste à payer est inférieur ou égal à 300 €.
  • Septembre à décembre 2026 : quatre prélèvements mensuels si le reste à payer dépasse 300 €.

Notre accompagnement

Chez Riviera Wealth Management, nous accompagnons nos clients dans la préparation de leur déclaration de revenus, en coordination avec leurs experts-comptables et avocats fiscalistes. Notre rôle est de nous assurer que la stratégie patrimoniale globale — allocation d’actifs, structuration, transmission — est correctement reflétée dans la déclaration, et que toutes les optimisations légales sont activées.

La complexité croissante de la fiscalité des hauts patrimoines — entre CDHR, double taux de CSG, évolutions des meublés et multiplication des dispositifs — rend l’accompagnement d’un conseiller en gestion de patrimoine plus pertinent que jamais.

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Pour aller plus loin
Retrouvez notre guide complet de la gestion de patrimoine sur la Côte d’Azur : fiscalité, immobilier, placements, transmission et retraite.
Benjamin Cohen — Président de Riviera Wealth Management, Conseiller en Investissements Financiers (CIF) enregistré auprès de l’ORIAS. Spécialiste en gestion de patrimoine sur la Côte d’Azur et Monaco.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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