En bref
  • Les ressortissants français résidant à Monaco restent soumis à l’impôt sur le revenu français en vertu de la convention franco-monégasque de 1963
  • L’IFI 2026 s’applique aux Français installés à Monaco depuis le 1er janvier 1989, seuil inchangé à 1,3 M EUR
  • L’assurance-vie luxembourgeoise offre une portabilité et une protection uniques pour les résidents de la Principauté
  • Un CGP français maîtrise les deux cadres juridiques et optimise la fiscalité transfrontalière France-Monaco

Monaco fascine. Ses 2 km² concentrent l’une des plus fortes densités de patrimoine au monde, attirant chaque année des centaines de familles fortunées. Pourtant, derrière l’image d’un paradis fiscal, la réalité est bien plus nuancée — en particulier pour les ressortissants français. La convention franco-monégasque de 1963 impose un cadre fiscal spécifique qui neutralise en grande partie l’avantage fiscal de la Principauté pour les citoyens français. En 2026, plusieurs évolutions législatives renforcent cette complexité : hausse des prélèvements sociaux, allongement de l’exit tax à 15 ans, réforme de l’assurance-vie luxembourgeoise.

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La convention franco-monégasque de 1963 : le cadre incontournable

Un traité atypique dans le paysage fiscal international

La convention fiscale entre la France et Monaco, signée le 18 mai 1963, se distingue radicalement des conventions fiscales classiques de type OCDE. Son objectif n’est pas d’éviter la double imposition — puisque Monaco ne prélève pas d’impôt sur le revenu — mais de prévenir la non-imposition des contribuables français qui s’installeraient en Principauté. L’article 7-1 pose le principe central : les personnes physiques de nationalité française qui transportent à Monaco leur domicile restent soumises à l’impôt en France dans les mêmes conditions que si elles n’avaient jamais quitté l’Hexagone.

Les exceptions à la règle

Deux catégories de Français échappent à cette disposition : les Français résidant à Monaco avant le 13 octobre 1962 et pouvant justifier de cinq ans de résidence habituelle à cette date, et les Français nés à Monaco et y ayant constamment résidé depuis leur naissance. Pour tous les autres — soit l’immense majorité des quelque 10 000 Français résidant en Principauté — la convention de 1963 s’applique intégralement.

« Un Français qui s’installe à Monaco continue à payer l’impôt sur le revenu français comme s’il n’avait jamais quitté l’Hexagone. »
Article 7-1 de la convention franco-monégasque de 1963
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Fiscalité 2026 : ce qui change pour les Français à Monaco

Comparatif fiscal — Français vs non-Français à Monaco (2026)
Principaux impôts applicables selon la nationalité
Impôt Français à Monaco Non-Français à Monaco Impact
IR (taux marginal) 45 % + CEHR 0 % Défavorable
IFI 0,5 % à 1,5 % 0 % Défavorable
Flat tax 31,4 % (2026) 0 % Défavorable
TVA 20 % 20 % Identique
Droits de succession (ligne directe >5 ans) 0 % 0 % Favorable

IFI 2026 et prélèvements sociaux en hausse

Les Français installés à Monaco à compter du 1er janvier 1989 sont soumis à l’IFI sur l’ensemble de leur patrimoine immobilier mondial. Le barème 2026 reste inchangé : seuil à 1,3 M EUR, taux progressif de 0,5 % à 1,5 %. Par ailleurs, la loi de finances 2026 acte une hausse des prélèvements sociaux sur les revenus de placement : le taux global passe de 17,2 % à 18,6 %. La flat tax sur les dividendes et intérêts est relevée de 30 % à 31,4 %.

Exit tax : le verrou renforcé à 15 ans

L’exit tax, qui frappe les plus-values latentes sur titres lors d’un transfert de domicile fiscal hors de France, est désormais portée à 15 ans (contre 5 ans auparavant dans certains cas de sursis). Un Français quittant la France pour Monaco en 2026 avec un portefeuille de titres significatif devra donc attendre 15 ans avant d’obtenir le dégrèvement définitif. Ce durcissement complique considérablement les stratégies de délocalisation.

« L’exit tax portée à 15 ans en 2026 complique considérablement les stratégies de délocalisation France-Monaco. Un verrou fiscal sans précédent. »
Riviera Wealth Management — Analyse patrimoniale, avril 2026
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Stratégies patrimoniales adaptées à Monaco

Triangle de sécurité luxembourgeois

Actifs ségrégés chez un dépositaire agréé, sous contrôle du CAA. Protection en cas de faillite de l’assureur, contrairement à l’assurance-vie française.

Ticket à partir de 250 000 EUR

Portabilité internationale

Le contrat luxembourgeois s’adapte automatiquement à la fiscalité du pays de résidence. Changement de domicile Monaco-France-Suisse sans restructuration.

EUR, USD, CHF, GBP

Univers élargi multi-devises

Accès au private equity, dette privée, produits structurés. La circulaire CAA 26/1 simplifie l’accès aux produits structurés et renforce la transparence des frais.

Value for Money 2026
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SCI, comptes suisses et pièges fiscaux à éviter

La SCI : structuration immobilière optimisée

La détention d’immobilier via une Société Civile Immobilière reste pertinente pour les résidents de Monaco, à condition d’en maîtriser les implications fiscales. La SCI à l’IR permet de bénéficier du régime des plus-values des particuliers (abattement pour durée de détention), adapté à la détention longue. Le démembrement de propriété (nue-propriété / usufruit) permet de réduire significativement l’assiette IFI taxable. Les donations de parts bénéficient d’une décote de 10 à 15 % pour illiquidité.

Comptes suisses et échange automatique d’informations

Depuis l’entrée en vigueur de l’échange automatique d’informations (EAI/CRS), les comptes suisses sont déclarés à l’administration fiscale du pays de résidence. Pour les Français de Monaco (considérés comme résidents fiscaux français), la déclaration des comptes à l’étranger est obligatoire (formulaire 3916-bis) sous peine de lourdes sanctions (1 500 EUR par compte non déclaré).

Le piège de la règle des 5 ans

La règle des 5 ans est souvent mal comprise. Elle concerne uniquement les Français qui résidaient à Monaco avant le 13 octobre 1962. Un Français qui s’installe à Monaco en 2026 ne bénéficiera d’aucune exonération temporaire : il est soumis immédiatement à l’IR français sur ses revenus mondiaux. La confusion entre les deux règles des 5 ans coûte cher à de nombreux contribuables.

Ce qu’il faut retenir
  • Un Français à Monaco reste redevable de l’IR français, de l’IFI et de la flat tax à 31,4 % — le « paradis fiscal » ne s’applique pas aux citoyens français
  • L’exit tax portée à 15 ans en 2026 rend toute stratégie de délocalisation fiscale extremèment complexe et coûteuse
  • L’assurance-vie luxembourgeoise est le pivot stratégique pour les résidents de Monaco : portabilité, protection et accès aux marchés mondiaux
  • La SCI et le démembrement restent des outils efficaces pour réduire l’IFI et optimiser la transmission
  • Un CGP maîtrisant les deux cadres juridiques (français et monégasque) est indispensable pour structurer efficacement un patrimoine transfrontalier

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