EUR/USD : l’euro reprend du terrain
+9 % YTD, convergence Fed-BCE, déficit américain — ce que le retour de l’euro signifie pour votre allocation
- L’EUR/USD à 1,13 affiche +9 % YTD depuis son point bas de 1,04 en janvier — le plus fort rally de l’euro depuis 2020.
- Le différentiel Fed-BCE de 225 pb converge progressivement, soutenant la dynamique haussière de l’euro.
- Un portefeuille non couvert en actions US perd ~8 % de performance sur l’effet devise seul depuis janvier.
- Scénario central : EUR/USD 1,13-1,17 au S2, avec un risque haussier vers 1,22 (PPA historique).
Analyse technique : niveaux clés
L’EUR/USD a effectué un retournement spectaculaire depuis son plus bas de janvier à 1,0380. La paire a cassé successivement les résistances à 1,05, 1,08 et 1,10 — trois niveaux qui agissaient comme des plafonds depuis deux ans. Le franchissement de la moyenne mobile 200 jours (à 1,0750) en février a déclenché des signaux d’achat techniques massifs.
À 1,13, la paire se situe désormais au milieu d’un canal haussier dont les bornes sont 1,10 (support) et 1,1750 (résistance majeure). Le RSI 14 jours à 62 indique une dynamique haussière saine, sans surachat. La prochaine résistance significative se situe à 1,15, un niveau technique et psychologique clé. Au-delà, la PPA long terme de l’EUR/USD se situe à 1,22 — ce qui suggère que le dollar reste structurellement survalué.
Fondamentaux : ce qui pousse l’euro
Différentiel de taux en convergence
Le moteur principal du rally EUR/USD est la convergence attendue des politiques monétaires. La Fed maintient ses taux à 4,25 % tandis que la BCE est à 2,00 %. L’écart de 225 points de base, le plus large depuis 2002, avait initialement soutenu le dollar. Mais le marché anticipe désormais une convergence : la Fed devrait baisser au moins une fois en 2026, tandis que la BCE est en pause après un cycle de baisse abouti. L’écart projeté fin 2026 tombe à 150-175 pb.
Déficit américain : le point faible structurel
Le déficit budgétaire américain atteint 7 % du PIB, un niveau habituellement réservé aux périodes de récession. La balance courante reste largement déficitaire. Ces « déficits jumeaux » exercent une pression structurelle baissière sur le billet vert. Historiquement, des déficits supérieurs à 5 % du PIB ont toujours été suivis d’une dépréciation du dollar à 3-5 ans.
Dé-dollarisation progressive
Les banques centrales émergentes continuent de diversifier leurs réserves, réduisant la part du dollar de 59 % à 57 % des réserves mondiales en deux ans. Le DXY est passé de 108 en janvier à 100 en mai, confirmant l’affaiblissement généralisé du billet vert.
« Le dollar se trouve dans la “vallée” du Dollar Smile : ni crise mondiale (qui le renforcerait), ni croissance différentielle suffisante pour le soutenir. »Théorie du Dollar Smile — Stephen Jen, Eurizon SLJ
Panorama des principales paires
| Paire | Cours actuel | YTD | Tendance | Support | Résistance |
|---|---|---|---|---|---|
| EUR/USD | 1,1300 | +8,9 % | Haussier | 1,1000 | 1,1500 |
| USD/JPY | 148,50 | -5,4 % | Baissier USD | 145,00 | 152,00 |
| EUR/GBP | 0,8620 | +1,8 % | Neutre haussier | 0,8500 | 0,8750 |
| EUR/CHF | 0,9480 | +0,9 % | Neutre | 0,9350 | 0,9600 |
| GBP/USD | 1,3110 | +6,8 % | Haussier | 1,2800 | 1,3400 |
| DXY | 100,20 | -7,2 % | Baissier | 98,00 | 103,00 |
Impact sur votre allocation
Pour un investisseur dont la devise de référence est l’euro, la chute du dollar a des conséquences directes. Un ETF S&P 500 non couvert (unhedged) affiche +8,2 % en dollars mais seulement +0,3 % en euros après l’effet devise. Autrement dit, l’appréciation de l’euro a dévoré la quasi-totalité de la performance américaine.
Profil Prudent
100 % couvert sur le USD. Favoriser les fonds obligataires EUR IG. Aucune exposition USD non protégée.
Profil Équilibré
Couvrir 60-70 % de l’exposition USD. Garder 30 % en natural hedge (diversification). Privilégier les ETF hedged EUR.
Profil Dynamique
Couvrir 40-50 % du USD. Accepter la volatilité devise comme source de rendement potentiel si le dollar rebondit.
Scénarios EUR/USD — S2 2026
Implications pour les expatriés
Pour les résidents français percevant des revenus en euros, la hausse de l’EUR/USD est une bonne nouvelle : leurs investissements internationaux libellés en euros gagnent en pouvoir d’achat relatif. En revanche, les expatriés français résidant en zone dollar (USA, Émirats, Asie liée au USD) subissent l’effet inverse : leurs transferts vers l’Europe coûtent plus cher, et leurs actifs français valent plus en dollars — mais se vendent moins facilement.
Pour les expatriés sur la Côte d’Azur percevant des revenus en GBP ou CHF, l’impact est plus neutre : la livre et le franc suisse se sont également appréciés face au dollar. La principale recommandation reste de diversifier ses expositions devises et de ne pas concentrer l’ensemble de son patrimoine dans une seule zone monétaire.
- L’euro à 1,13 est soutenu par des fondamentaux solides : convergence des taux, déficits jumeaux américains, dé-dollarisation progressive des réserves mondiales.
- L’effet devise est le facteur caché n°1 de la performance 2026 pour les investisseurs européens exposés aux marchés américains.
- Couvrir au minimum 50-70 % de l’exposition USD selon votre profil de risque — les ETF hedged EUR sont la solution la plus directe.
- La PPA historique à 1,22 suggère que le dollar reste structurellement survalué — le mouvement actuel peut se prolonger.
- Surveiller la réunion Fed de septembre : une baisse de taux accélérerait la tendance EUR/USD.
Ce document est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée ou une offre d’achat ou de vente de produits financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Les informations contenues dans cet article reflètent l’analyse de Riviera Wealth Management à la date de publication et sont susceptibles d’évoluer. Riviera Wealth Management est un cabinet de conseil en investissements financiers (CIF), enregistré à l’ORIAS et membre de la CNCGP.
